Rencontre avec Ara Aprikian, Directeur des contenus du groupe TF1

Le mercredi 11 janvier, les étudiants du Master ont eu le plaisir de rencontrer Ara Aprikian, Directeur des contenus du groupe TF1.

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Image : © TF1

Débutant sa carrière professionnelle au sein de Médiamétrie puis de TF1, Ara Aprikian s’est progressivement dirigé vers la programmation lors des débuts de la télé-réalité en France. Il lancera notamment avec succès les programmes Koh-Lanta et Star Academy. En 2005, il rejoint le groupe Canal Plus puis prend la direction de ses chaînes en clair jusqu’en 2015. Depuis l’arrivée de Gilles Pélisson à la tête du groupe, il est aujourd’hui de retour à TF1.
Ara Aprikian a souhaité évoquer avec nous la manière dont le modèle économique du marché télévisuel était amené à évoluer sous l’impulsion de la transformation numérique. Selon lui, le modèle de la télévision payante et gratuite est voué à terme à disparaître. Pour illustrer ce propos, Ara Aprikian est revenu sur le nerf de la guerre : les recettes publicitaires. La nécessité de faire de l’audience est la contrainte première en télévision commerciale. Or, la part de marché de TF1 est aujourd’hui sans équivalent dans le monde (20% contre 17-18% pour la première chaîne britannique, ITV). Cependant, le marché publicitaire français ne l’amène pas à se financer à hauteur de cette audience. Ce marché est aujourd’hui dans l’incapacité de monétiser l’ensemble des audiences réalisées par les chaînes françaises. Ces dernières ne pourront donc poursuivre leur croissance qu’en trouvant d’autres sources de financement. Ce passage progressif du tout gratuit au payant va devenir fondamental dans les années à venir. Il s’agit d’une réflexion à l’échelle mondiale depuis l’explosion du nombre de chaînes dans tous les pays. Déjà aux Etats-Unis, le marché se développe progressivement vers ce modèle mixte.
Riche en enseignements, l’intervention d’Ara Aprikian s’est ensuite poursuivie par nos questions. Diffusion de la série Marseille sur TF1, la concurrence accrue de Netflix, l’arrivée de Quotidien sur TMC ou bien encore la stratégie digitale de TF1, sont autant d’éléments dont nous avons pu discuter avec Ara Aprikian lors de cet échange privilégié.
Le mot de la fin : « La télévision est une économie de produits rares dans un modèle de plus en plus challengé. »

Nous remercions chaleureusement Ara Aprikian d’avoir pris le temps de nous décrire son métier avec autant de passion !

 

 

Rencontre avec Pierre Branco, VP & General Manager France, Portugal et Afrique chez Turner (Time Warner)

 

Le mardi 10 janvier, les étudiants du D2A ont eu le plaisir de rencontrer Pierre Branco.

Pierre-Branco Turner

Pierre Branco est revenu sur son époustouflant parcours : dix ans après avoir été diplômé du Master D2A, il occupe le poste de Directeur Général de TimeWarner. Après un diplôme d’Histoire et un master de management à Sciences Po, Monsieur Branco aspire à faire carrière au sein d’une chaîne de télévision. Un stage en acquisition de programmes sportifs chez TimeWarner lui permet de gravir les échelons : de responsable distribution junior de Turner Broadcasting Systems, il s’oriente en Business Development et devient en 2010 le Directeur Général adjoint de l’entreprise. Intéressé par les métiers de l’éditorial, Monsieur Branco devient Directeur Général France, et s’occupe dès 2014 des marchés français, africain, portugais et israélien de TimeWarner.

Monsieur Branco a eu l’occasion de nous faire part de sa perception des évolutions de l’industrie audiovisuelle. D’une consommation traditionnelle (télévision payante induisant une consommation fortement thématisée), l’industrie se transforme par la diminution progressive du nombre d’intermédiaires : c’est l’apparition du D2C (Direct To Consumer), de la TNT, de la SVOD et de la consommation mobile. Time Warner a su s’adapter à ces nouveaux enjeux. En outre, TimeWarner a su maintenir le contrôle sur sa chaîne de valeur en valorisant très tôt la nécessité de produire des contenus originaux. La société investit plus de 3 milliards d’euros dans la production de séries télévisées.

Pour conclure, Monsieur Branco a exposé les enjeux futurs auxquels seront certainement confrontées les entreprises de l’industrie audiovisuelle. Ainsi, Monsieur Branco a notamment souligné l’importance grandissante de YouTube dans la consommation audiovisuelle des enfants. Alors, TimeWarner est amenée à réfléchir à certaines interrogations : si les enfants sont présents sur YouTube en tant que consommateur, TimeWarner doit-elle également être présente sur cette plateforme ? Si tel est le cas, pour quoi faire ? Ce medium doit-il se limiter à la diffusion des marques ? Doit-il être utilisé dans un objectif lucratif ? Il sera nécessaire à TimeWarner de s’adapter à ces nouveaux enjeux, et rester compétitif au sein d’un modèle économique en mutation.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Branco d’avoir partagé avec nous son expérience et son parcours !

 

Rencontre avec Laurence Clerc, fondatrice d'Alcatraz Films

Pour cette sixième rencontre de l'année, le mercredi 14 décembre, nous avons eu le plaisir de recevoir Madame Laurence Clerc.

Alcatraz Films

Laurence Clerc, fondatrice d'Alcatraz films nous a évoqué avec spontanéité et humour son parcours et les raisons l'ayant entrainé vers la production. Passée par l'étude du droit public à l'Université Panthéon-Assas puis des questions de service public sur les bancs de Science Po, elle quitte finalement la France en 1986 pour suivre son père parti vivre à Taiwan, où elle travaille dans un restaurant. C'est à cette occasion qu'elle se passionne pour le cinéma, son seul moyen de communication avec les locaux, par le visionnage notamment de classiques du cinéma français tels que la Grande Vadrouille. Suite à cette expérience elle décide d'élargir ses horizons par un diplôme de l'Université de Columbia à New-York. Elle commence sa carrière dans la production en suivant alors un ami, Olivier Gramet (ancien contrôleur de Gestion chez Canal +, puis dirigeant de la branche du groupe à Los Angeles) dans une nouvelle aventure: celle de Rigolo Films, en collaboration avec Dominique Faruggia. Equilibrée entre le sens des affaires d'Olivier Gramet et les affinités artistiques de Dominique Faruggia la société connait de nombreux succès comme la production du premier film de Michel Hazanavicius, la production d'un court métrage de Nakache et Toledano mais aussi le lancement d'un futur talent: Frank Dubosc.

Quand l'aventure de Rigolo films prend fin quelques années plus tard, elle intègre alors Fidélité. C'est à cette occasion qu'elle se recentre véritablement sur le cinéma. La société va connaitre un vrai succès pendant une quinzaine d'années, elle va, à titre d'exemple, permettre le lancement de la carrière de François Ozon. Madame Clerc dépasse alors le cadre de ses fonctions et va finir par mener la production globale de certains films. Le premier film qu'elle va être amenée à traiter est une oeuvre de Gaspar Noé, le long métrage subversif "Enter the Void". Madame Clerc nous a ainsi évoqué l'enrichissante mais parfois difficile collaboration avec le réalisateur qui aura tout de même permis la sortie du film et le succès qu'on lui connait.

Par la suite elle rencontre son futur associé, l'idée de monter son entreprise de production fait alors son chemin. Elle décide de créer Alcatraz films, société qu'elle dirige encore aujourd'hui et qui a notamment produit "La Vie d'Adele" d'Abdellatif Kechiche. Au détour des questions posées par les étudiants, Madame Clerc nous a évoqué sans détour les difficultés des débuts mais aussi la place du hasard, des affinités, des contacts dans la sélection des projets et leur développement dans le temps, notamment au regard de l'inflation récente des coûts. Elle a également parlé de son quotidien en tant productrice qu'elle a présenté comme.. indescriptible, sans véritable routine. Un quotidien qui se compose de tâches administratives mais aussi d'une multitude de rencontres avec des personnalités d'horizons divers et variés, ce qui rend cette profession passionnante. Elle a en outre évoqué les projets internationaux d'Alcatraz (comme High life) ainsi que son désir de continuer à produire des auteurs forts.

Pour conclure son propos, Madame Clerc a répondu à une question récurrente : en quoi consiste concrètement le métier de producteur? Selon elle la réponse est simple, il s'agit de « faire le pont entre le rêve du réalisateur et la possibilité d'en faire un film ».

 

Nous remercions chaleureusement Madame Clerc d'avoir pris le temps de nous décrire son métier avec tant d'enthousiasme !

La promotion 2017 en visite chez M6

Le 7 décembre 2016, la promotion 2017 a eu la chance de pouvoir visiter les locaux du Groupe M6.

 

Nous avons été accueillis le matin par Emilie Lebaron, responsable du pôle recrutement du groupe, qui nous a présenté le Groupe M6 dans son ensemble : créé en 1987, son activité se concentre à 60% sur l'audiovisuel, mais également sur la musique, le web et même le spectacle vivant.

Puis, Emilie Lebaron, accompagnée de Sarah Biondini, assistante chargée de recrutement, et Aline Chaureau, en charge des stagiaires, ont animé un atelier CV et entretiens de recrutement qui nous a permis de discuter de ce qu'attend un groupe audiovisuel comme M6 des candidats qu'il pourrait potentiellement recruter. L'atelier a été fait d'échanges enrichissants, et nous avons reçu des conseils d'une grande aide pour nos futures candidatures.

Différents métiers du Groupe nous ont également été présentés : Tam Vo Duy, Directeur de l'unité de développement de pprogrammes a d'abord partagé avec nous son parcours et son expérience. Ensuite, en petits groupes, nous avons pu découvrir la branche web et l'importance de la publicité au sein du Groupe M6 grâce à l'intervention de Tom Rouyres, responsable marketing pour M6 Web, et de Chloé Aubineau, chargée d'études marketing pour M6 publicité. Enfin, Stéphane Salle De Chou pour les programmes externes de flux chez M6, et Olivier Lebraud pour le marketing chez SND, ont tour à tour partagé avec nous l'expérience qu'ils tirent de leur métier.

 

Les échanges de cette matinée ont été particulièrement enrichissants pour la promotion 2017, qui remercie chaleureusement le Groupe M6 pour cet excellent accueil !

 

M6 promo 2017

 

 

 

Rencontre avec Frank Lanoux, directeur général de RMC et directeur général adjoint de SFR Media

Le 30 novembre 2016, les étudiants du Master D2A ont eu le plaisir de rencontrer Frank Lanoux, directeur général de RMC et directeur général adjoint de SFR Media en charge du marketing.

 

Frank-Lanoux

 

A cette occasion, M. Lanoux est revenu sur la stratégie qui a permis le développement du groupe NextRadioTV, créé par Alain Weill en 2000, depuis la reprise de RMC et le lancement de BFMTV jusqu’à l’intégration récente à l’entité SFR Media.
Ayant débuté sa carrière à NRJ au début des années 1980, Frank Lanoux a accompagné le développement de la station avant de participer au rachat de RMC (Radio Monte Carlo) en 2000. Pour donner à cette radio une place à l’échelle nationale, ses repreneurs décident de lui donner un format inédit en France, emprunté à un modèle américain : la talk radio. RMC ne diffuse donc que des programmes dans lesquels s’expriment des personnalités qui partagent leur opinion, c’est-à-dire une conviction fondée sur l’expérience personnelle, dans une relation d’interactivité avec le public. C’est ce positionnement qui a permis à la station de se démarquer de ses concurrents et de connaître une très forte croissance de son audience.
Après la reprise de BFM radio, le groupe NextRadioTV a souhaité lancer une chaîne de télévision sur les nouvelles fréquences de la TNT ouvertes par le CSA. Ainsi est née BFMTV, chaîne d’information en continu construite, là encore, selon le modèle des chaînes américaines. En proposant un mode inédit de présentation de l’actualité, BFMTV a réussi à s’imposer face à ses concurrents. M. Lanoux insiste cependant sur la fragilité du modèle économique des chaînes d’info, qui font face à des coûts de production élevés pour proposer des programmes dont la durée d’écoute est nécessairement restreinte. Selon lui, l’entrée de nouvelles chaînes d’information sur la TNT crée une situation de concurrence aiguë qui risque de remettre en cause la viabilité de certaines d’entre elles.
Le rapprochement de NextRadioTV avec l’entreprise de télécom SFR s’inscrit dans une dynamique mondiale qui permet le financement de la production des contenus par ceux qui en deviennent les principaux diffuseurs. Selon Frank Lanoux, l’intégration des chaînes de radio et de télévision au groupe dirigé par Patrick Drahi apporte donc une réponse à l’évolution des modes de consommation des programmes, et optimise la collaboration dans la conception des programmes.
Lors des échanges avec les étudiants, les conséquences de la ligne éditoriale de BFMTV sur le traitement de l’information ont notamment été évoquées, tout comme les évolutions générales en cours dans le secteur de l’information et des chaînes de télévision gratuites. Merci à M. Lanoux d’avoir accepté de venir présenter sa carrière et livrer son regard sur le succès économique de son groupe.