Rencontre avec Rémi Cervoni, Chargé de développement chez Gaumont

 

Le 20 janvier, les étudiants du D2A ont eu le plaisir de rencontrer Rémi Cervoni, en charge du développement chez Gaumont. Gaumont est une société qui fonctionne sur un modèle d’intégration verticale, c’est-à-dire qu’elle couvre à la fois les activités de production, distribution et ventes internationales. Ils produisent en moyenne douze films par an.

Rémi a commencé par nous expliquer la différence entre les acquisitions et le développement et nous préciser que les postes de chargé de développement n’existent presque que dans les sociétés de la taille de Gaumont.

Les acquisitions concernent la sélection de projets développés en externe. Dans ce cas, les deux personnes responsables de cette mission chez Gaumont doivent, parmi tous les projets de long-métrages envoyés par des producteurs indépendants, en choisir un certain nombre, que Gaumont pourrait coproduire puis distribuer. Lorsque l’équipe des acquisitions sélectionne un projet, elle doit le pitcher lors d’une réunion d’acquisitions qui se tient hebdomadairement. Ils doivent également faire une estimation budgétaire du projet, et chiffrer approximativement les entrées en salles, les ventes DVD et VOD et les ventes internationales. Si le projet est validé par la direction de Gaumont, ces données servent à savoir combien investir sur le projet afin d’entamer les négociations avec les producteurs à l’origine de celui-ci.

Il nous a expliqué que si Gaumont ne faisait initialement que des acquisitions, la société s’est lancée depuis peu dans le développement en interne. D’autres entreprises telles qu’UGC ou SND ont également choisi cette voie de l’internalisation. Le but dinternaliser est que le groupe soit le seul producteur délégué et fasse donc lui-même le travail de conception en amont du film.

Il a alors poursuivi son intervention en nous présentant les divers enjeux de ce travail de développement, qui correspond aux productions en interne chez Gaumont, et qui prend de plus en plus d’importance au sein des différents studios français.

En tant que chargé de développement, sa première mission est d’effectuer un important travail de veille, à la fois artistique (talents, comédiens, réalisateurs, scénaristes…) et thématique (trouver des sujets d’actualité, faits divers, thématiques fortes…). Gaumont peut décider de se tourner vers des projets originaux ou de passer par des commandes.

Rémi nous a fait savoir que le processus de production en interne dans un groupe est beaucoup plus lent que dans une société de production, car ici, il faut convaincre tout le monde avant de pouvoir sélectionner définitivement un projet. Néanmoins, la contrepartie est que les groupes disposent de départements spécialisés tels qu’un service juridique qui accélère le processus contractuel. Enfin, chez Gaumont, il ne sera pas nécessaire de chercher un distributeur et un vendeur international, étape qui peut s’avérer laborieuse dans le cas d’une production indépendante, puisque le groupe exerce ces deux activités.

Après avoir choisi un projet, vient l’étape de la sécurisation des droits, nécessitant une négociation avec les talents et leurs représentants. Se posent alors les questions liées à leur rémunération, à l’organisation du calendrier d’écriture (synopsis, traitement, séquencier, versions dialoguées…), etc. Il a alors marqué l’importance des services annexes, notamment du juridique, à cette étape du processus.

La phase d’écriture peut ensuite s’engager. Le rôle du chargé de développement est alors notamment d’orienter les auteurs, leur faire des retours artistiques ou relatifs à la stratégie budgétaire… Il intervient auprès d’eux jusqu’à l’obtention de la version définitive. Cette phase d’écriture dure en moyenne un an et dans 80% des cas elle nécessite un coauteur.

Lorsqu’une version définitive est approuvée, on peut passer à la phase de packaging qui consiste à trouver le casting idéal. En parallèle de cela, l’équipe de développement gère le devis du film. Grâce à l’aide d’un producteur exécutif travaillant en interne chez Gaumont qui constitue le budget du film, ils pourront commencer à contacter des chaines ou des plateformes pour compléter le plan de financement. Une fois celui-ci bouclé, la phase de développement sera terminée et le film pourra partir en tournage.

Le chargé de développement doit ainsi toujours assurer la continuité et la cohérence du projet, en ayant en tête les exigences des chaines et financiers.

Les étudiants du D2A remercient Rémi Cervoni pour avoir pris le temps d’intervenir pour nous expliquer son métier et répondre à leurs interrogations !

Clara Marquardt et Marion Dennequin

Rmicervoni