Les Matinales avec Emmanuel Durand, Directeur général de Snapchat France, mercredi 29 novembre 2017

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« La révolution numérique va-t-elle avoir raison des industries culturelles ? » pose Emmanuel Durand dans son essai La Menace Fantôme, publié en 2014. Cette problématique, il n’aura de cesse de la rencontrer au cours de sa carrière dans les industries de contenu. D’abord au sein de l’industrie du disque, puis dans le milieu du cinéma, Emmanuel Durand aura accompagné la difficile transition de ces secteurs vers le numérique.

Diplômé de l’Université d’Assas en Gestion, Emmanuel Durand démarre sa carrière professionnelle au sein du groupe M6. Deux ans plus tard, il quitte le secteur des médias pour celui de la musique à une période encore prospère. D’abord embauché par Universal Music en tant que Directeur de la Publicité, il rejoint ensuite Sony Music au poste de Directeur Marketing. Au début des années 2000, l’essor des nouvelles technologies frappe de plein fouet l’industrie du disque qui entre alors en crise. M. Durand évoque une transition inattendue pour l’ensemble du secteur qui commence aujourd’hui à se relever : le manque de visibilité sur le développement de l’internet ne laissait pas présager l’apparition et la généralisation de nouveaux modes de consommation.

Emmanuel Durand est par la suite amené à diriger la filiale suisse de l’Oréal. Appelé par Warner Bros, il ferme la parenthèse de l’industrie cosmétique pour retrouver le secteur culturel. Nommé senior vice-president, marketing, data & innovation, Emmanuel Durand a pu structurer les différentes équipes du marketing de la Warner pour accompagner le géant de l’entertainment dans la révolution numérique. Avec la volonté affichée de transformer l’état d’esprit présent au sein du groupe, il a initié et mis en oeuvre une approche marketing innovante basée sur la data et ce, notamment, à travers le programme de fidélité “My Warner”.

Après sept années passées à la Warner, Emmanuel Durand a ensuite été nommé à la tête du bureau français de Snapchat, à Paris. Ce dernier est notamment revenu sur la création des lunettes “Snapchat Spectacles”, innovation permettant aux utilisateurs d’objets connectés de supprimer les écrans entre interlocuteurs en vue de créer plus d'interaction, notamment lors des concerts. Emmanuel Durand a également mise en avant les futures innovations proposées par l’application gratuite de partage de photos et de vidéos (fil d’actualité, localisation).

Les étudiants des masters D2A et ECN remercient Emmanuel Durand du temps qu’il leur a consacré pour enrichir leurs réflexions sur les enjeux du numérique, de sa bienveillance et de sa pédagogie.

Victoria Vaz & Thomas Gillot

Les Matinales avec Laurence Clerc, Productrice chez Alcatraz Films, mercredi 15 novembre 2017

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Les étudiants des masters D2A et ECN ont eu la chance de rencontrer Laurence Clerc, productrice de films depuis une vingtaine d’années, actuellement chez Alcatraz Films.

Laurence Clerc ne se destinait pas à travailler dans l’industrie cinématographique : elle suit des études de droit public et est diplômée de Sciences Po Paris et de l’Université de Columbia. Elle s’imagine dans le financement de projets, dans l’architecture ou les travaux publics par exemple, en vue de créer des choses à partir de rien. Mais en postulant chez Canal+, elle se voit embarquée dans la création de la société de production Fidélité Films aux côtés d’Olivier Granier et de Dominique Farrugia. Pour elle, la force du premier est son sens aigu des affaires, tandis que le second est un dénicheur de talents hors pair. Fidélité produit notamment le premier film de Michel Hazanavicius et offre à des acteurs comme Kad Merad, Manu Payet ou Bérénice Béjo leurs premiers rôles.

Malgré des années très riches au sein de cette société, qui croît rapidement, Laurence Clerc souhaite désormais mener à bien ses propres projets artistiques. C’est pourquoi elle crée en 2011 avec Olivier Thery Lapiney la société Alcatraz Films, qui démarre avec La Vie d’Adèle, Chapitres 1 et 2. Lui s’occupe plutôt des aspects artistiques, elle des problématiques financières et contractuelles. Tous deux collaborent avec différents réalisateurs, l’auteur “locomotive” étant Claire Denis ; ils s’efforcent de faire du sur-mesure à chaque projet.

Laurence Clerc confie qu’il est frustrant pour un producteur de ne pas pouvoir être à l’initiative d’un projet cinématographique. Pour elle, la Nouvelle Vague a mis l’auteur-réalisateur sur un piédestal, d’où une certaine surprotection du droit d’auteur. En effet, le droit d’auteur est plus favorable au réalisateur et très centré autour de sa personne, et les producteurs, eux, ne peuvent que très difficilement être reconnus comme coauteurs des films. Rares sont les producteurs associés à une idée originale en France, à l’exception de quelques figures telles que Claude Berri. Chez Alcatraz, le développement d’un projet avec la Chine est actuellement l’occasion d’échapper à ce cadre réglementaire et d’expérimenter le développement d’un projet d’initiative producteur.

Aux États-Unis, le rôle du producteur au regard du droit d’auteur fait qu’il est beaucoup plus facile de développer des projets d’initiative producteur. En effet, le producteur est considéré comme le seul auteur au regard de la loi. Ainsi, dans des sociétés telles que Disney ou Pixar (rachetée par Disney en 2006), l’initiative des projets vient toujours du producteur. Ed Catmull, président de Walt Disney Animation Studios, affirme que pour Frozen, “l’organisation marketing s’est complètement alignée sur le projet au niveau mondial, en s’appuyant sur les précédents succès”. Pour Laurence Clerc, on va s’éloigner de l’économie patrimoniale, où on cède les droits d’exploitation, pour aller vers une intégration progressive de la filière. Création et marketing seront-ils bientôt autant liés en France qu’aux Etats-Unis ?

Nous remercions Laurence Clerc de son déplacement au sein de l'EMNS et pour toutes ces discussions sur son métier.

Solène Caron, Juliette Le Ruyet, Irénée Benoit

 

Dijon à la Sorbonne - 09 novembre 2017

 

Pour ceux qui avaient envie de partager, à Paris, l’esprit des Rencontres Cinématographiques de Dijon, l’École des Médias et du Numérique de la Sorbonne et le Master Scénario, Réalisation et Production de Paris 1 Panthéon-Sorbonne proposaient une discussion sur la chronologie des médias, en partenariat avec L’ARP (société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs) et en présence de Xavier Rigault (co-Président de l’UPC – Union des Producteurs de Cinéma) et Mathieu Debusschere (Délégué Général de l’ARP).

Le thème ? La chronologie des médias : quelles fenêtres, quelles valeurs ?

La salle était comble pour cette nouvelle édition de la conférence "Dijon à la Sorbonne" organisée chaque année suite aux Rencontres Cinématographiques de Dijon et animée par Frédéric Sojcher, directeur du Master Scénario, Réalisation et Production de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les étudiants ont eu l'occasion de poser toutes leurs questions concernant les propositions de l'ARP en matière de chronologie des médias. Nous remercions chaleureusement nos invités ainsi que tous les participants pour leur présence !

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Les Matinales avec Frank Lanoux, Directeur Général Adjoint chargé du marketing chez SFR Média, mercredi 09 novembre 2017

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Les élèves des masters D2A et ECN ont eu le plaisir de recevoir Frank Lanoux pour discuter de son parcours radio, des évolutions du secteurs, mais également de la stratégie du groupe SFR média dont il est, aujourd’hui, le directeur général adjoint en charge du marketing.

Frank Lanoux est un fan inconditionnel de radio. Si c’est d'Europe 1 dont il rêvait étant enfant, son entrée dans le monde de la radio se fait une fois son service militaire terminé. On est alors au début des années 80, l’offre audiovisuelle française est en pleine libéralisation et le secteur connaît une forte expansion. Frank Lanoux débute son parcours grâce à un stage chez RTL, il passe ensuite chez NRJ où il pilote le déploiement de plusieurs dizaines d’antennes locales de la radio. Il entre ensuite au service du groupe Lagardère, notamment pour une mission de développement des médias du groupe dans les pays de l’Est, ce marché s’étant ouvert très récemment à la suite de la chute du mur en 1989. Frank lanoux arrive en 2000 chez RMC à la suite de la vente de la radio à un fond d’investissements. RMC est alors une radio généraliste en perte de vitesse et, si sa notoriété est grande, elle reste néanmoins cantonnée à une image de “radio des vacances”. Frank Lanoux prend donc part à la mutation profonde de cette radio impulsée par son PDG Alain Weil. Le  choix est fait de faire de la fréquence le porte étendard d’un genre aussi populaire aux Etats-Unis qu’inexistant en France à cette époque : Le “Talk”. Un format sans musique, centré sur le débat et l’actualité, qu’elle soit généraliste ou sportive. Ce choix est risqué, son succès repose essentiellement sur la capacité de la radio à trouver des intervenants pertinents qui conviennent au genre du “talk”. D’après Frank, ces personnalités doivent être des leaders d’opinions dont les convictions sont le reflet de leur propre expérience. Cette orientation thématique est un succès, la radio rencontre une audience croissante.

C’est à compter du développement de la TNT en 2004 que Frank Lanoux élargit ses horizons et commence à s’intéresser à la télévision. Aussi, le groupe NextradioTV, propriétaire de RMC, inaugure le 14 décembre 2014 sa propre chaîne télé d’information en continu, BFM TV, dont la candidature sera ensuite retenue en novembre 2005 pour être diffusée sur la TNT.

Une fois encore, s’inspirant des modèles outre-atlantiques et notamment de la formule proposée par la célèbre chaîne américaine CNN, le groupe choisit de se démarquer de ses concurrents LCI et iTélé en renforçant le caractère continu de l’information qui y est traitée, afin de permettre au téléspectateur de se greffer, à tout moment de la journée, au journal télévisé retransmis en boucle sur la chaîne. Cette stratégie permettra ainsi à BFM de distancer considérablement ses deux principaux concurrents dans leur course à l’audience.

À l’approche du premier anniversaire de la prise de fonctions de Frank Lanoux au sein du groupe SFR Média, qui sera bientôt rebaptisé Altice Média, la question s’est posée de l’importance du rapprochement qui s’est opéré il y a deux ans entre Nextradio TV et le célèbre groupe de télécommunications, à l’instar d’opérations similaires effectuées par plusieurs groupes de médias qui continuent d’augmenter leur offre en acquérant de nouveaux acteurs. Petit groupe jusque-là indépendant, Nextradio TV a, en effet, ressenti le besoin, dans un marché pour le moins concurrentiel, de rechercher un partenaire de choix en vue de s’adapter à la consommation de demain. Or, le groupe SFR média, racheté un an auparavant par Patrick Drahi, souhaitait alors miser davantage sur la production de contenus audiovisuels et partageait donc cette même vision de convergence. A cet égard, le groupe Nextradio TV a semblé réunir les conditions idoines recherchées par SFR, notamment en matière de sport et d’information en continu, afin de développer et renforcer l’offre du groupe quant aux contenus proposés. Cette opération a ainsi rendu possible, ces deux dernières années, la création de nombreuses chaînes TV comme BFM sport, BFM Paris, Altice Studio, SFR Sport 1/2/3/4/5 et MyCuisine TV.

Un tel rapprochement stratégique apparaît donc essentiel et particulièrement bénéfique dans la mesure où il a permis aux deux entités d’accéder à de nouvelles perspectives quant au développement de leurs contenus audiovisuels.

Merci à M. Lanoux d’avoir accepté de venir nous présenter sa carrière et nous livrer 
son regard sur le succès économique et l’évolution stratégique de son groupe.

Pierre Risoli & Téophile Parat

Les Matinales avec Thomas Thévenin, directeur marketing chez e-cinema.com, mercredi 08 novembre 2017

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C’est avec une grande franchise et un engagement avoué pour le cinéma d’auteur que Thomas Thévenin est venu nous parler de son parcours et du projet e-cinema.com qu’il représente en tant que directeur marketing.

Thomas Thévenin débute sa carrière dans l’agence de conseil en marketing Master Partenariat, dans laquelle il est en charge de la promotion de marques dans l’industrie cinématographique. Par la suite, il conserve ce poste dans l’agence Mercredi avant de rejoindre le groupe TF1. Sa passion pour le cinéma le conduit à intégrer le groupe Pathé. De responsable des nouveaux médias, il devient ensuite directeur marketing de ce département, avant d’ajouter la double casquette de directeur marketing vidéo. Très curieux et intéressé avant tout par le digital et les nouvelles technologies, Thomas Thévenin anticipe les défis que connait actuellement l’industrie cinématographique et tente d’orienter la stratégie du groupe vers un cinéma novateur, considérant les nouvelles formes de consommation qui se développent. C’est dans cette logique et grâce à son expertise en marketing digital qu’il rejoint l’équipe de e-cinema.com cette année.

La start-up e-cinema.com rassemble Frédérich Houzelle (Atlantis Télévision), Roland Coutas (Travelprice) et Bruno Barde (Festival de Deauville) et verra le jour le 1er décembre prochain. Imaginée comme la première salle de cinéma digitale, elle a l’ambition de rendre accessible, depuis tous types d’appareils, un catalogue de films d’auteur - pour la plupart étrangers - peu connus et de l’agrandir chaque vendredi. Dans la veine de plusieurs plateformes de vidéo à la demande par abonnement, e-cinema.com crée une rupture avec la chronologie des médias actuellement en place en France. La start-up souhaite, grâce à cette approche singulière, amorcer un changement d’opinion puis de stratégie dans la distribution du cinéma dans le pays. Le spectateur peut payer à l’unité un ticket virtuel de cinéma pour voir un film pendant les douze semaines suivant sa sortie sur la plateforme pour 3,99€. Il peut également payer un abonnement mensuel à 5,99€ pour avoir accès à la totalité du catalogue.

La création de la plateforme est motivée par l’évolution des modes de consommation. Avec la démocratisation du digital dans les foyers, le public a développé un appétit pour les contenus délinéarisés disponibles à tout moment sur internet. Le spectateur se sédentarise et limite ses sorties au cinéma, de ce fait il utilise des moyens légaux et illégaux pour voir des films depuis son ordinateur. E-cinema.com part du constat simple qu’il faut réinventer la distribution cinématographique pour la rendre plus moderne. En effet la salle de cinéma connaît un vieillissement de son public ainsi qu’un encombrement des films toutes les semaines. De manière générale, uniquement les films à gros budget restent plusieurs semaines à l’affiche, ce qui défavorise la diversité culturelle. La plateforme e-cinema.com propose de pallier à ce manque culturel en mettant à l’honneur des films d’auteur étrangers rarement exploités en salle. C’est une chance pour le producteur, qui est assuré de voir son film disponible sur une longue période. Selon Thomas Thévenin, ce type de pratique n’est pas une menace pour les exploitants car une sortie au cinéma reste un moment de convivialité et de collectivité irremplaçables. L’expérience que l’on peut avoir dans une salle de cinéma reste inégalée par l’écran d’ordinateur. La plateforme souhaite davantage capter un public déjà habitué au cinéma sur internet.

En sortant du schéma classique de l’exploitation en salle, la plateforme e-cinema.com se détache également de la chronologie des médias. Dans sa présentation, l’invité revient sur le bien-fondé de cette règle lors de sa mise en place dans l’industrie cinématographique en France. Il la compare à un cercle vertueux qui permet d’irriguer la totalité du monde du cinéma. La chronologie des médias en 2017 semble datée. Elle ne conçoit pas la possibilité d’exploiter un film sur internet directement après sa sortie en salle. On ne peut plus ignorer que c’est entre les mains des plateformes digitales que la vie d’un film se fait majoritairement aujourd’hui. Face à la concurrence forte de plateformes comme Netflix et Amazon, e-cinema.com se pose comme un complément pour les plus cinéphiles. Il n’est pas exclu qu’un film qui a du succès sur la plateforme soit diffusé à la télévision ou exploité en dvd. E-cinema.com envisage également à plus long terme de participer à la création de contenus originaux en fonction de la rentabilité de la plateforme.

Une autre thématique forte abordée pendant l’échange a été l’exploitation de données. Dans le secteur de la culture, les données personnelles récupérées en ligne ont pour but premier d’améliorer le produit ou le service proposé aux usagers. Un exemple parlant est celui des algorithmes de préférence de Netflix. Outre les aspects positifs qui en ressortent pour le distributeur et pour le consommateur, la question de la protection de la vie privée des individus est omnisciente alors que les transactions actuelles considèrent les données personnelles comme un produit du marché. La charte d’Allociné, stipule par exemple que les utilisateurs souhaitant accéder aux services de la plateforme doivent renseigner des données, qui sont ensuite collectées par l’entreprise et utilisées pour améliorer ses propres services ou transmises à des partenaires commerciaux. Or, dans une logique d’évolution qui porte le digital de plus en plus intensément, il est nécessaire de trouver des modèles pérennes, respectant à la fois la vie privée et permettant la création et la croissance d’entreprises novatrices. Le règlement européen qui entrera en vigueur en mai 2018 devrait apporter quelques réponses à ce sujet.

Nous remercions chaleureusement Thomas Thévenin pour ces discussions et son déplacement au sein de notre école.

Ophélie Schlumberger & Solène Jehl

Les Matinales avec Gilles Freissinier, Directeur du développement numérique chez Arte France, mercredi 25 octobre 2017

 

GILLES FREISSINIER

 

Les élèves réunis des masters D2A et ECN ont eu le plaisir de rencontrer Gilles Freissinier, directeur du développement numérique chez Arte depuis 2013. 

Ancien élève du master D2A, Gilles Freissinier a commencé sa carrière chez Canal + en études, avant de se diriger vers le département numérique dont il a orchestré le développement. 

Il a notamment mis en place le site internet de la chaîne, en l’alimentant de contenus innovants crées spécifiquement pour ce mode de diffusion. Fort de son expertise développée chez Canal +, il prend la tête du développement numérique d’Arte en 2013. 

Lors de notre rencontre, Gilles Freissinier nous a sensibilisé aux enjeux liés aux nouvelles technologies dans la production audiovisuelle et des formidables opportunités que ces dernières ouvrent à un média européen tel qu’Arte. Le numérique permet selon lui de réaliser la vocation multiculturelle d’Arte et de diversifier sa ligne éditoriale. Les programmes sont en effet visibles au-delà des frontières franco-allemandes et commencent à être traduits dans différentes langues, ayant toujours en ligne de mire l’enrichissement et le rapprochement des peuples par la culture. 

Gilles Freissinier nous a rappelé le caractère innovant de la chaîne, à l’avant-garde du numérique en se concentrant sur la découverte de nouveaux talents, permettant à des auteurs et producteurs de proposer des programmes pensés pour le numérique. L’enjeu du numérique se trouve selon lui dans l’adaptation de l’écriture et de la production à ces nouveaux modes de diffusion (TV, web ou smartphones).

La chaîne innove donc à la fois sur les contenus, mais également sur les modes de diffusion qu’elle propose. Elle a toujours cherché à les élargir, et est ainsi la première chaîne à lancer sa plateforme de replay et sa chaîne Youtube, notamment avec le développement de plusieurs programmes, dont la série “Eté”, premier programme à être uniquement diffusé sur le réseau social d’images Instagram. 

Giles Freissinier nous a enfin sensibilisé aux enjeux du développement de la réalité virtuelle dont le potentiel est énorme bien qu’elle soit encore anecdotique à ce jour dans le paysage audiovisuel. 

Les étudiants des masters D2A et ECN remercient Gilles Freissinier du temps qu’il leur a consacré pour enrichir leur réflexion sur les enjeux du numérique, de sa bienveillance et de sa pédagogie.

Les Matinales avec Laure Saget, directrice Hors Librairie Flammarion, mercredi 18 septembre 2017

 

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Mercredi 18 octobre 2017, les élèves réunis du D2A et de l’EMNS ont eu le plaisir de rencontrer Laure Saget, directrice du Hors Librairie chez Flammarion.

Enjouée et souriante, Laure Saget débute cette conversation en relatant son parcours étudiant. Après une classe préparatoire littéraire, elle poursuit un cursus juridique couronné par l’obtention d’un diplôme de Commercial & European Law de l’université de Canterbury, puis du DESS Droit et administration de l’audiovisuel, aujourd’hui Master 2 D2A, de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne (1995).

Elle débute sa carrière chez Universal Music aux Business Affairs des labels musicaux. Elle prend ensuite la tête de la direction juridique de la chaîne 13eme Rue lors de son lancement, avant un bref passage à la direction juridique de MK2. Décrivant son parcours avec humour, Laure Saget raconte ensuite comment elle s’est détournée de l’univers juridique pour poursuivre un projet qui lui tient à coeur : passionnée d’écriture, elle suit le Grand Atelier de la Fémis pour se former aux outils du scénariste. Après cette expérience enrichissante, elle retrouve en 2006 le milieu juridique en devenant directrice juridique adjointe au pôle TV et Radios musicales de Lagardère Active. Après plusieurs années à ce poste, elle choisit en 2011 le monde de l'édition et le groupe Flammarion pour lequel elle est encore aujourd’hui directrice Hors Librairie France. Croisant son expertise juridique et son goût pour la création, son métier consiste en quelques mots à identifier les livres adaptables au cinéma et à la TV, à les proposer à des producteurs et à négocier les contrats. Son parcours éclectique illustre la possibilité de bifurquer au sein d’une carrière et l’épanouissement de chacun par ces expériences multiples.

Dans le contexte actuel du marché du livre et face aux mutations du numérique, les maisons d’édition doivent innover. Sous peine de voir leur modèle d’affaires bouleversé et face à la montée d’acteurs comme Amazon, elles cherchent à développer leur activité sur d’autres créneaux… On peut citer l’explosion du e-book, la tendance du livre audio ou, à l’instar du métier de Laure Saget, l’instauration ces dernières années d’un pôle audiovisuel pour réglementer les adaptations des oeuvres littéraires à l’écran. La mise en place de ce métier récent - et encore assez rare - dans les plus grandes maisons d’édition illustre parfaitement les enjeux rencontrés et les problématiques en la matière, notamment en ce qui concerne la gestion des collaborations entre les producteurs et les auteurs originaux. Laure Saget a dépeint un métier riche et plus que jamais au coeur de l’actualité. En effet, aujourd’hui, 40% des films du box-office sont des adaptations d'oeuvres littéraires et les séries ne sont pas en reste. Les succès retentissants cette année de “La servante écarlate” adapté du roman de Margaret Atwood sur Hulu, ou de “13 raisons (13 reasons why)” sur Netflix en sont les parfaits exemples. On peut également citer la future adaptation en série du roman de Joël Dicker, “La vérité sur l'affaire Harry Quebert”. Enfin, la présence de l’opération Shoot the book ! au festival de Cannes en mai dernier et depuis plusieurs années illustre que l’adaptation audiovisuelle des productions éditoriales n’est pas prête de s’arrêter. Pour les libraires, ces adaptations donnent une seconde vie au livre, en relançant les ventes. Plus que jamais, l’échange, la collaboration et la diversification deviennent des impératifs pour le secteur des industries culturelles.

Les étudiants du D2A et du Master 2 Économie de la culture et du Numérique remercient Laure Saget pour ses nombreux éclaircissements sur le secteur du livre et de l’audiovisuel, pour son temps et sa bienveillance.

Thomas Gillot & Stella Ramamonjisoa & Arthur Sainsot

Semaine d'intégration sur l'île Sainte-Marguerite de la promotion 2017/2018

 

Comme chaque année, la nouvelle promotion du D2A a passé cinq jours de semaine d'intégration sur l'île Sainte-Marguerite, en face de Cannes...

Malgré l'heure matinale, c'est avec une bonne humeur et une impatience certaine que nous nous sommes retrouvés sur la quai de la gare de Lyon. Dans le train pour Cannes, nous apprenons chacun à faire connaissance à travers des discussions animés sur le cinéma ou sur notre processus d’intégration au master. Les cinq heures de trajet passent étonnamment vite. L'arrivée à Cannes nous donne le ton : le ciel est bleu, le soleil brille et la température y est bien plus agréable qu'à Paris ! Nous empruntons alors le ferry pour nous rendre sur l’île Sainte-Marguerite, résidence du masque de fer.

En plus de nous lier d'amitié sur ce petit coin de paradis, nous avons eu la chance de suivre des cours d’improvisations qui nous rassemblent chaque jour. Grâce à l'aide, la pédagogie et à la bienveillance de Florence, nous montons ensemble un spectacle que nous présentons aux classes d'enfants avec qui nous partageons l'île. Cette représentation fut un temps marquant de notre séjour, une expérience de partage enrichissante et vecteur de complicité entre chacun d'entre nous.

 

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Les derniers jours sur l’île, libres, permettent à chacun de visiter le musée de l’île, de profiter de promenades en forêt et baignades. Nous sortons soudés de cette aventure, et quittons l'île avec une pointe de nostalgie bien vite effacée à l'idée des projets à venir et à monter toute cette année. En effet, cette expérience et les moments passés sur l’île nous ont appris à renforcer nos liens et à créer un esprit de groupe que nous continuons de développer aujourd’hui.

 

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Nous remercions le Master D2A, ainsi que Florence, pour nous avoir offert une semaine inoubliable dans ce cadre de rêve que constitue l'île Sainte-Marguerite.

 

Séminaire international 2017

Du mercredi 1er au vendredi 3 février 2017, les étudiants du D2A ont eu la chance de suivre un séminaire international co-organisé par l’INA, dont le thème était « Creative and Business Models for Transnational Content ». Six intervenants se sont succédé pendant ces trois jours pour partager leur vision internationale de différents aspects du marché de l’audiovisuel : cinéma, télévision et digital.

Le premier jour, nous avons pu entendre Renate Roginas, consultante en coproduction internationale venue d’Allemagne, qui nous a parlé de l’art de trouver le bon coproducteur et de négocier le meilleur deal de coproduction, et Alexandre Brachet, fondateur d’Upian.com, qui nous a expliqué le processus de production d’un documentaire en ligne avec notamment l’exemple du format original de Gaza Sderot.

Le jeudi a été consacré à des productions anglo-saxonnes avec les interventions des britanniques Angus Finney, spécialiste de l’industrie créative et du cinéma international, et William Higbee, Professeur à l’Université d’Exeter, qui après nous avoir exposé des aspects théoriques du marché européen du cinéma, les ont illustrés à travers deux études de cas : la première sur Le Discours d’un Roi, et la seconde sur English Revolution, deux films aux parcours radicalement différents.

Enfin, la troisième journée a été menée par deux intervenantes venues des Etats-Unis. Tout d’abord Denise Mann, Professeur à l’UCLA, nous a parlé de la culture de l’algorithme comme futur du divertissement, à travers notamment des plateformes comme Netflix, et du futur de la « web TV ». Le séminaire s’est enfin clos par l’intervention de Maggie Murphy, co-directrice de Schaftesbury Entertainment, qui a porté sur la question de déterminer ce qui fait une « bonne » série télévisée ou digitale, puis sur une étude du cas des séries Houdini & Doyle  et  Carmilla.

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des intervenants qui ont pris le temps de partager avec nous leur expérience lors de ces trois journées riches en enseignements !

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